Brissac Quincé, Le Château
Ce château me faisait de l’œil depuis un moment. Et pour cause, on le surnomme le géant du Val de Loire. Haut de 7 étages, c’est le plus haut château de France. Au total 204 pièces, 230 fenêtres, 1 hectare de toiture et près de 50 m de haut… Il mérite bien son surnom non ?
Il est habité par la même famille depuis 523 ans.

Je suis arrivée un peu avant l’ouverture, il y a une aire camping-car (rue de l’Aubance) à deux pas de là, c’est gratuit, goudronnée, propre. Le hic, c’est en pente^^. Je ne sais pas si les calent suffisent, je n’ai pas testé n’ayant pas dormi là. J’utilisais l’aire juste pour la visite du château.
Arrivée à l’entrée du château, une belle queue commençait à se former sur le trottoir. J’ai dû attendre 5 min avant qu’on ouvre la grille.
Une fois mon droit d’entrée acquitté, je suis rentrée dans le parc préparant déjà l’appareil photo. Quelle beauté ce monument, je suis restée un moment le contempler.
Géant oui, il porte bien son nom et imposant aussi avec ses 2 tours du château-fort sur la façade. Son côté asymétrique lui donne beaucoup de charme. Et voici à quoi il aurait dû ressembler si le projet était allé à son terme. Je lui trouve des airs de Cheverny, pas vous ?
J’ai suivi une visite guidée, j’aime bien, ça permet d’avoir plus d’infos. Et des fois de voir plus de choses en général qu’une simple visite libre. Et pour qu’un peu le guide soit passionnant, on est vite emporté dans l’histoire du monument.
Ce qui est beau ici, c’est qu’il est très bien meublé. Certaines pièces peuvent encore servir lors de réceptions, de repas, gala, etc. Pour le coup, on a vraiment l’impression d’être dans l’intimité des propriétaires. Le duc était présent lors de ma visite, je l’ai croisé dans la galerie. Il venait de terminer un interview. Lors de la visite guidée, en plus de l’histoire du château, nous avons aussi des anecdotes de la famille.
J’ai beaucoup aimé ce château, d’une, par son histoire, et de deux, par l’atmosphère qu’il dégage au fil de la visite. J’ai beaucoup aimé la galerie, cette pièce avec beaucoup de lumière naturelle et qui donne un très beau panorama sur le parc. Le théâtre est un coup de cœur aussi et qui se donne très intimiste. La galerie des portraits avec tous les ducs. Et le clou de la visite, à mon goût, ce sont les anciennes cuisines du château. J’adore ces pièces qui, en général, sont vraiment magnifiques avec tous ces cuivres. On imagine facilement l’ambiance qu’il devait y avoir à l’époque et on est bien loin du Thermomix et autre Airfryer ^^.
Dommage que le soleil n’ait pas été un peu plus persévérant. Bien qu’il y ait eu quelques rayons de soleil à l’ouverture du château, les nuages ont tenu tête au soleil. Il y a même eu un peu de bruine lors de ma promenade dans le parc.

L’Histoire
Je vais essayer d’être assez concise. À l’origine, un château-fort du comte d’Anjou, Foulques Nerra du IXème siècle. Personnage guerrier très sanguinaire, mais qui craignait la damnation éternelle. Alors, il se rachetait de ses pêchers en allant en pèlerinage à Jérusalem. Et bien qu’il construira beaucoup de places fortes et il fera aussi construire églises et abbaye.
En 1435, Pierre de Brézé en fait l’acquisition et le reconstruit à partir de 1455. Il décèdera à la bataille de Montlhéry en 1465. C’est son fils Jacques de Brézé qui en hérite.
Début 1500, René de Cossé acquiert le domaine. Il va d’ailleurs devenir Gouverneur du Maine et de l’Anjou. La famille adopte le nom de Brissac.
Le petit-fil de René, Charles, prend parti à la Ligue. Henri IV établi un siège au château qui endommagera pas mal ce dernier. Charles de Cossé va récupérer son château début 1600 en bien mauvais état. C’est l’architecte Jacques Corbineau qui supervise la reconstruction. C’est à ce moment-là que l’on va passer d’un château de défense à un château de plaisance. Avec notamment une façade parfaitement symétrique avec l’entrée au milieu.
Malheureusement, Charles décède en 1621. Le chantier est stoppé et ne reprendra pas faute d’argent. D’où les vestiges des 2 tours du château-fort.
Les Cossé Brissac vont garder le château jusqu’en 1792. Il va être réquisitionné par les républicains de Vendée et de nouveau endommagé par les révolutionnaires. C’est à ce moment-là que le blason au dessus de la porte d’entrée est martelé.
Après la Révolution, le château est restitué à la famille. Il va rester dans un triste état jusqu’en 1844. Une campagne de restauration démarre.
En 1890, Jeanne marie de Say, petite fille du raffineur du sucre Louis Say, inaugure le théâtre au sein du château. Elle se mariera en 1er mariage avec Roland de Brissac. Musicienne et chanteuse d’opéra ne sont pas très compatibles avec son statut. Elle jouera et chantera ici dans son château pour sa famille et ses amis. Elle décèdera en 1916.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le château va abriter de nombreuses œuvres, notamment celles de Versailles.
Aujourd’hui, les propriétaires habitent toujours au château. Il y a des chambres d’hôtes disponibles.
Au-dessus de la porte d’entrée, le blason martelé par les révolutionnaires.
« Un château neuf à moitié construit dans un château vieux à moitié détruit » C’est ainsi que les propriétaires aiment parler de leur château.


À l’intérieur
Le salon doré

La salle à manger

La grande salle des portraits

La Veuve Cliquot ? La connaissez-vous ? (Le tableau à gauche ci-dessous)
Non ? Si vous êtes amateur de Champagne, ce nom devrait vous parler. Juste un petit point dessus tout de même pour la grande dame qu’elle était.
Barbe Nicole Ponsardin épouse François Cliquot, alors directeur de l’entreprise qui produit du Champagne, fondée par son père en 1772. Mr Cliquot décède en 1805. Elle va avoir l’audace de reprendre l’entreprise à seulement 27 ans. Extrêmement rare pour l’époque où la femme était normalement sous la tutelle de son mari. Mais pour avoir le droit de commercialiser, elle doit apposer devant son nom le mot « Veuve » sur les bouteilles, d’où la nouvelle marque Veuve Cliquot. Pour elle, ce n’est qu’un détail. Elle prend des risques dans ses affaires, elle est aussi visionnaire, avant-gardiste, travaille avec passion. Marque d’excellence encore aujourd’hui, elle a gagné le surnom de « la grande dame de la Champagne ».
Donc cette femme est l’arrière-grand-mère de la Duchesse d’Uzès ; Anne de Rochechouart de Mortemart. La 1ère femme à avoir eu son permis de conduire en 1898, enfin du premier certificat de capacité féminin, ancêtre de notre papier rose.
Elle sera aussi la 1ère verbalisée pour un excès de vitesse dans le bois de Boulogne au volant de son Delahaye type 1. Elle a roulé à 15 km/h au lieu de 12 km/h ce qui lui a couté 5 francs d’amende. Elle fondera, en 1926, L’Automobile Club Féminin de France.
Elle aura 4 enfants dont Mathilde qui se mariera au 11ème duc de Brissac. Voilà donc le comment du pourquoi du tableau^^
La grande galerie

La chambre Louis XIII. En août 1620, le jeune Louis XIII séjournera au château, il est âgé de 19 ans.
Pour recontextualiser, il perd son père assassiné à l’âge de 9 ans. Sa mère, Marie de Médicis, devient régente. À 16 ans, il organise l’assassinat des conseillers de sa mère et contraint cette dernière à l’exil. Elle conspire contre lui et s’ensuivra une bataille qu’elle perdra face à son fils.
C’est au château de Brissac, en 1620, que Louis XIII et sa mère Marie de Médicis se réconcilieront. Sera présent aussi, l’évêque de Luçon, le futur Cardinal de Richelieu.

La chapelle


Le théâtre

Les cuisines



Infos pratiques
Du 22 mars à fin juin et du 1er septembre au 10 novembre : 10 heures – 13 heures et 14 heures – 18 heures (Tous les jours sauf mardi)
Juillet et août : 10 heures – 18 heures (Tous les jours)
Vacances de Noël et Vacances d’hiver toutes zones : 14 heures – 17 heures (Tous les après-midi sauf mardi)
Sauf 25 déc et 1er janv
Plein tarif adulte : 12,50 €
Tarif réduit adulte : 10,50 €
Enfant 8 à 16 ans inclus : 5 €
Enfant moins de 8 ans : Gratuit

Une très chouette vidéo où le propriétaire actuel, Charles-André nous fait une visite de son château.
Pour situer
Source : brissac.net, wikipédia
Le Thoureil
Le Coudray Macouard
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