Ile et Vilaine,  Petite cité de caractère

Dol de Bretagne

Toujours sur mon petit week-end costarmoricain vers la côte d’émeraude, j’ai été découvrir Dol de Bretagne. Petite cité de caractère sur la côte d’émeraude oui mais en Ille et Vilaine.  Ce n’est même pas à 10 km de la Baie du Mont St Michel.

Dol est connu pour être l’un des premiers évêchés de Bretagne, avec Samson, qui fut tout simplement l’un des 7 fondateurs de la Bretagne.

Allez c’est parti pour un petit point historique sur cette cité épiscopale dont sa vie, à travers les siècles, fut loin d’être très tranquille. N’hésitez pas à vous y arrêter car elle vaut le détour, tellement son histoire est riche.

 

 

Histoire

Ce secteur est déjà occupé à la Préhistoire et à l’Antiquité, comme le prouve le menhir haut de 9,30 au Champ-Dolent. Le plus haut menhir dressé de Bretagne.

« C’est à un quart de lieue de la ville qu’il faut aller chercher la fameuse pierre du Champ-Dolent. Ce nom rappelle-t-il des sacrifices humains ? Mon guide me dit gravement qu’elle a été placée là par César. Était-elle jadis au sein des forêts ? Maintenant elle se trouve au beau milieu d’un champ cultivé. Ce Menhir a vingt-huit pieds de haut et se termine en pointe ; à sa base il a, suivant ma mesure, huit pieds de diamètre. Au total, c’est un bloc de granit grisâtre dont la forme représente un cône légèrement aplati.

Il faut noter que ce granit ne se retrouve qu’à plus de trois quarts de lieue de la ville, au Mont-Dol, colline entourée de marécages et qui probablement fut une île autrefois. La pierre du Champ-Dolent repose sur une roche de quartz dans laquelle elle s’enfonce de quelques pieds. Par quel mécanisme les Gaulois, que nous nous figurons si peu avancés dans les arts, ont-ils pu transporter une masse de granit longue de quarante pieds et épaisse de huit ? Comment l’ont-ils dressée ? »

— StendhalMémoires d’un touriste, II, 1854, p.50-51.

 

Il y a beaucoup de légendes et ce croyances populaires autour de ce menhir comme celle qu’il s’enfonce d’un pouce tous les cent ans et qu’une fois en terre ça sera l’heure du jugement dernier.

Il y a plus de 2000 ans ce sont les Redones qui occupaient ce territoire puis les corsiolites.

Dol va naître au VIème siècle avec l’arrivé de St Samson. Ce sont ces moines venus de Bretagne (La Grande Bretagne actuelle) essentiellement de Cornouaille et du  pays de Galles car chassés de leurs terres par les barbares, les attaques vikings ect. Ils sont venus évangéliser l’Armorique.

Ils sont au nombre de sept et qui fonderont les sept évêchés de ce territoire qui deviendra la Bretagne avec Nominoë.  Plus tard on connaîtra le Pèlerinage des Sept Saints de Bretagne mais aussi connu sous le nom de Tro-Breiz. Un pèlerinage de 600km avec un arrêt dans chaque cité épiscopale pour rendre visite aux les reliques des Saints dans ces cathédrales. Il tombera en désuétude à partir du XVIIème siècle. Il sera remis au goût du jour à partir du XXème siècle.

A garder dans un coin de la tête…Le paradis est promis à tout breton qui aura fait son Tro-Breiz 😉

Pour en revenir à Dol, le monastère créée suite à l’évangélisation de Samson prend de la notoriété au IXème siècle. Nominoë Prince/Chef des Bretons prend les armes contre Charles le Chauve et le Roi des Francs essuiera une sérieuse défaite lors de la bataille de Ballon étendant ainsi le territoire breton jusqu’à Angers.

Nominoë crée aussi sa métropole ecclésiastique en choisissant Dol. Sans le savoir il déclenchait une guerre religieuse entre Dol et la métropole ecclésiastique de Tours qui va durer 8 longs siècles.

En 1076, l’archevêché de Dol est reconnu par le pape et c’est ainsi que Even nouvel archevêque reçoit le pallium (bande d’étoffe en laine remise par le pape porté sur la chasuble). Mais revirement de situation lorsque le nouveau pape est élu ; Urbain II. Selon lui, tout l’épiscopat doit soumission à Tours.  Ensuite, le Pape Innocent III rend le verdict définitif, « Les évêques bretons doivent obéissance à l’archevêque de Tours »

S’il n’y avait que ces querelles entre métropoles ecclésiastiques, mais la Bretagne doit faire face aux invasions normandes. La ville sera mise à mal pas moins de 6 fois entre 944 et 1065. D’ailleurs le clergé s’en est allé avec les reliques mais dans la moitié du XIème siècle, l’archevêque Ginguené fonde la seigneurie de Dol Combourg avec la construction d’un château. Très convoité par Guillaume le Conquérant, Il fera de nouveau l’objet d’un siège en 1076. Guillaume le Conquérant échouera… encore. Ce dernier devenu Roi d’Angleterre, entre temps, est en conflit avec Connan II, le Duc de Bretagne. Mais il échouera de nouveau devant les fortifications de Dol.

Pourtant les Anglais reviendront à la charge en 1173 et obtiendront le Donjon de Dol.

Les troupes de Jean sans Terre brulent la cathédrale en 1203 et volent les reliques. Elle sera reconstruite après.

La guerre de succession de Bretagne fait rage dans le secteur. Les anglais seront de retour en 1351 mais Du Guesclin les fera battre en retraite.

On décide là, de fortifier la ville pour protéger la cathédrale, la cité et le château. Et la guerre de Cent An qui va se superposer cette guerre de succession ne va rien arranger non plus. Les habitants sont pillés, le bétail est volé etc.

Début 15ème siècle, on met à jour l’architecture militaire entre autre. On perce des canonnières dans les tours, on renforce les courtines, on ajoute des machicoulis, on remaçonne pour épaissir les murs. On construit 2 portes, une à l’ouest et l’autre à l’est pour les entrées et sorties de la ville.  (Comme le plan ci-dessous)

 

dol-de-bretagne.fr

 

La guerre de Cent Ans est loin derrière, la Bretagne est définitivement rattachée à la France en 1532, l’évêque Thomas James, fait en sorte de relancer le commerce, l’art notamment italien.

Les évêques qui suivront auront aussi à coeur de rénover la cathédrale.

Malheureusement, les guerres de religions arrivent. L’évêque de Dol est un partisan du Duc de Mercœur. On se prépare à toute offensive contre les troupes du Roi de France. En 1591, le gouverneur et frère de l’évêque décède dans une embuscade, l’évêque prend les armes pour défendre la cité mais décèdera le 12 septembre.

D’ailleurs Henri IV assez rancunier de la résistance de Dol lors des conflits pendant la Ligue ordonne le démantèlement  des remparts.

Les habitants vont aussi souffrir des maladies comme la peste mais le manque total d’hygiène au sein de la cité va décimer la population.

Philippe Thoreau, le frère de l’évêque Mathieu Thoreau va devenir gouverneur. Il va être à l’origine de l’assainissement de la ville avec l’aménagement de l’eau à la fin du 17ème siècle. Dans la Grand’rue est installée, une fontaine publique.

 

A 18ème siècle, de grandes modifications sont faites, on supprime une partie des remparts, on comble les douves, les 2 portes sont démantelées.

Le château de Dol devient un superbe palais épiscopal avec l’évêque Jean François Dondel.

(Rare photo de l’édifice qui sera totalement détruit en 1886)

ouest-france.fr

 

Urbain René de Hercé sera le dernier évêque, il continuera à faire évoluer la cité.

La prise de la Bastille a été une chose bien acceptée par les habitants, ce qu’il fut moins ce sont tous les actes des fanatiques qui désolent la population. Les monuments de la villes attaqués, les nobles chassés ainsi que des religieux, la destructions des halles, de la fontaine Thoreau, la fermetures des couvents.

Le chapitre de Dol est supprimé en 1790 suite à l’assemblée constituante du 12 juillet. En fin d’année, l’inventaire est fait « des choses, titres et objets des ci-devant chanoines ». Ce sont 1200 ans de mémoire religieuse qui s’éteignent.

Suite au siège de Grandville, la bataille entre les troupes vendéennes et les républicains sera sanguinaire à la fin 1793.

Devenu un ecclésiastique réfractaire, Urbain René de Hercé est désormais aumônier dans l’armée vendéenne. Après son arrestation au débarquement de Quiberon, il sera exécuté le 28 juillet 1795 à Vannes.

A partir du XIXème siècle, la ville se relève de cette période troublée. La ville est remise sur pied tout en prenant conscience de sa valeur historique. On reconstruit certes, mais on conserve surtout. On conserve le reste des remparts, on entretient les maisons à colombage du centre ville. Le commerce repart et l’artisanat se développe, l’industrie arrive.

Le trains arrive en 1864, c’est le développement du tourisme.

 

 

La barque de St Samson

 

 

 

La cathédrale St Samson

 

Autant à l’extérieur son air est plutôt austère. Avec les remparts au pied de la cathédrale, au XIème siècle elle avait plutôt cette allure de forteresse surtout sur la façade car elle fermait la cité.

Ses mensuration sont une nef de 39.3 m et 17.1 m de large. La grande verrière est d’origine (XIIIème siècle) et est la plus ancienne de Bretagne. On y lit l’ancien et le nouveau Testament, les premiers évêques de Dol et l’arrivée de St Samson. L’orgue est du XVIème siècle compte 2632 tuyaux et a été rénové en 2015.

La grande tour sud, de part sa hauteur était signe de pouvoir et symbole d’une institution. La tour carrée à la croisée du transept et de la nef s’élève à 23m au dessus du maître-autel.

Le saviez-vous? Les gargouilles qui vous voyez sont les gardiennes du Bien. Si le Mal s’approchait de la cathédrale en étant visible ou invisible, le vent sifflait entre les arches.

La chose que vous remarquerez certainement c’est ce clocher inachevé !

En Bretagne, vous trouverez quelques clochers décapités. Ce peut être d’une cause naturelle comme l’orage ou encore essentiellement dans le pays bigouden (mais pas que !) où des clochers furent décapités sur ordre du Roi suite à la révoltes de paysans avec ce nouvel impôt du papier timbré en 1675. Pour humilier et pour marquer les esprits et pour assoir son autorité, le Roi décide de décapiter des clochers.

Dans le cas de Dol, ce n’est rien tout ça. C’est seulement un manque de financement qui ne permis pas de terminer l’ouvrage. Cependant, quelques légendes ont traversé les siècles :

« Maintes fois, on tenta de poursuivre la construction de la tour, mais une main mystérieuse faisait tomber les pierres ajoutées le jour et les flammes dévoraient le travail accompli ! »

« Lors de la bataille entre l’Archange Saint-Michel et le Diable, l’Archange jeta une pierre qui est tombée sur la cathédrale, en a détruit une partie de la Tour Nord, est allée se planter dans un champ, et forme à présent le Menhir du Champ Dolent. »

 

Il faut prendre le temps de déambuler dans cette cathédrale, elle est juste magnifique. C’est à couper le souffle. On se sent tout petit.

@labreizhlady

Dol de Bretagne et la cathédrale St Samson. Cette grande dame imposante et majestueuse à la fois. Un bijou architectural. N’hésitez pas à rentrer à l’intérieur elle est magnifique. Elle a la particularité d’avoir un clocher non terminé ! la légende raconte que lors de la bataille entré l’archange St Michel et le diable au Mont St Michel, l’archange St Michel aurait lancé une pierre qui aurait malheureusement touché le clocher. La réalité est toute autre, il est resté inachevé par faute de moyens. #bretagne #bretagnetourisme #cathedrale #bretagne35 #patrimoine

♬ Pieces of Memory – Carlos Carty

 

Le cathédraloscope : musée qui nous ramène au temps de ces bâtisseurs de cathédrales. Des maquettes des plus grandes cathédrales de France, découvrir l’architecture, des vidéos, visite possible avec un audioguide. (Ce n’était pas ouvert lors de mon passage).

 

 

Pour visiter la ville et avoir plus amples informations suivez ces panneaux 😉

 

 

Pour situer

Source : dol-de-bretagne.fr, ouest-france, wikipédia, infobretagne.com, saint-malo-tourisme.com

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