Angers, Le château
C’était la première visite de mon séjour. Et honnêtement, celle-là fait beaucoup de bien. Se dire que ça y est, on va avoir du temps à soi, qu’on oublie le travail et tout le reste. Il y a un lâcher prise qui se met en place. Faire une pause et faire des choses pour soi.
Mon ressenti
Angers n’était en haut de ma liste de visite, mais j’étais sur place alors autant en profiter. Et pas de bol, il pleuvait ce matin-là. Je me suis garée sur le grand parking le long du Bd Foulques Nerra (en face du château de l’autre côté du Maine). Et j’ai attendu. Je n’avais que le pont à traverser et à remonter jusqu’à l’entrée du château. Ce n’est pas loin du tout, mais vu la pluie, je ne voulais pas être trempée avant même d’y être arrivée. Je précise aussi que je n’ai fait que la visite du château et non de la ville.
Finalement la pluie a fini par cesser et je suis partie à la rencontre de la demeure des Ducs d’Anjou.
À lire les quelques blogs au sujet du château ou les sites touristiques, je trouvais comme info sur le temps de visite 1 h 30, voire 2 h. J’aime bien regarder de temps en temps, ça me donne une idée pour mon programme. Vu l’heure qu’il était et déjà en milieu de matinée, je savais que le reste de ma matinée était au château. J’ai donc fait la visite et je n’ai pas du tout regardé l’heure si bien que finalement, j’y ai passé 3 h 30 ^^.
Je sais bien que c’est relatif, évidemment chacun va à son rythme dans ce genre de visite libre. Et moi, j’aime bien prendre mon temps, et pour ce 1er jour de vacances, il fallait au moins ça pour décompresser.
Ce qui m’a captivé le plus, c’est la vue sur les remparts. Cette vue sur la ville est vraiment très belle et peu importe de quel coté des remparts on regarde. On se rend bien compte pourquoi les lieux ont été prisés dès le début, car on voit très loin.
Ensuite les tapisseries bien sûr, où je me suis assise et je suis restée là un moment à tout regarder, c’est comme une BD géante. Cette œuvre est quand même impressionnante. Que l’on ait encore les 3/4 relève tout de même du miracle. L’architecture de la chapelle vaut le détour aussi, on se sent tout petit dedans, elle est même démesurée par rapport au reste.
Le logis n’est pas meublé, mais les expos étaient intéressantes. Les jardins sont magnifiques et même si je me suis pris une ondée en les traversant ce n’était pas grave. Il y a une certaine sérénité à s’y balader, on y retrouve le condensé d’Anjou dans ces jardins notamment avec les vignes, tout est soigné.
Bref, j’ai tout aimé^^ il valait le coup sans hésiter. C’est là que je me suis dit que la liste, c’est bien, mais des fois, il faut se laisser surprendre aussi. La preuve…

L’Histoire
Je vais rester dans les grandes lignes pour retracer son histoire. Mais il faut d’abord préciser que la forteresse représente, au total (douves comprises), 25 000 m². Mais ce promontoire était déjà utilisé dès l’Antiquité et même avant.
Lors de sa construction, il a fallu supprimer un quartier. C’est la plus grande forteresse du Val de Loire avec ses 17 tours. On peut se promener sur 500 m de chemin de ronde avec une vue imprenable sur la ville.
Allez, c’est parti, remontons le temps…
IXè siècle
La menace venant des pays nordiques est bien présentes et il y a déjà eu des attaques de ces vikings. Le Roi Charles le Chauve décide de faire construire un château sur ce promontoire en 851.
XIIè siècle
Les Plantagenêt, avec Henri II, sont sur le trône d’Angleterre, ils ont aussi des terres en France. Henri II possède La Normandie, le Maine et l’Anjou. Grâce à sa femme, Aliénor d’Aquitaine, il possède le Poitou, L’Aquitaine et la Gascogne. En gros, de la Normandie jusqu’aux Pyrénées c’est Henri II.
Pour assoir le toute puissance, on construit le château comtal. Henri II sera très présent en Anjou.
XIIIè siècle
Évidemment, ce ne sont pas les grands amours entre le Royaume de France et celui d’Angleterre. Chacun veut les territoires de l’autre, mais le Royaume de France va gagner la bataille en 1206.
Il faut bien entendu protéger cette frontière. Blanche de Castille, alors Régente de France pour le Futur St Louis (Louis IX) entreprend la construction de la forteresse dès 1230.
En 1360, l’Anjou obtient le titre de duché.
XIV et XVè siècle
Le château devient la résidence des ducs. Le siècle de Lettres, architecture, culture, notamment la Tapisserie de l’Apocalypse longue de 104 m où 67 scènes sont évoquées. Elle est créée pour Louis 1er d’Anjou dans les années 1380 et présente l’apocalypse de St Jean, dernier livre de la Bible. Sur les 840 m² d’origine, seul subsiste 500 m².
Le bon Roi René, le dernier des ducs. Il voulait faire de l’Anjou, le jardin de France. C’est un esprit les plus complets pour son époque, il sait peindre, il parle plusieurs langues, connaît les mathématiques, compose de la musique…
Il fait entrer l’œillet et la rose de Provins dans les jardins du château, ainsi que la vigne et des essences méditerranéennes. On dit qu’il est le précurseur de l’horticulture en Anjou.
XVIè siècle
Le déclin se profile, on délaisse le château et il devient une simple garnison. Mais en pleine guerre de religion, en 1585, les catholiques et les protestants se battent pour le château. Pour qu’aucune des parties ne récupère la forteresse, Henri III, ordonne de raser le château. La charge de la démolition revient à Donadieu de Puycharic alors gouverneur du château, mais il va tout faire pour que ça n’arrive pas.
On décoiffe les tours qui perdent ainsi 10 m de hauteur. Mais les travaux sont lents et stoppés à plusieurs reprises. Si bien qu’à la fin du conflit, on laisse les choses telles qu’elles étaient. On aménage tout de même par la suite des canonnières pour remplacer certaines meurtrières et des terrasses d’artilleries.
Par la suite, le château servira de prison où un certain Nicolas Fouquet, surintendant du Roi Louis XIV, va y séjourner 3 semaines. Arrêté par d’Artagnan en 1661, pour avoir détourné 12 000 livres au Trésor Royal. Mais, il pouvait aussi y avoir des prisonniers de guerre, de droits communs et même des malades psychiatriques.
De la Révolution à nos jours
Il sera toujours utilisé comme prison lors de la Terreur et des guerres de Vendée et même des guerres napoléoniennes.
Le Conseil Général devient propriétaire en 1857 et sera classé monument historique en 1875. La ville d’Angers devient locataire des fossés en 1912.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, le 25 et 26 mai 1944, six bombes tombes sur le château. Détruisant la voute de la chapelle, le logis royal est incendié et toitures arrachées. Dès 1945, les reconstructions commencent et on réaménage les jardins.
On ouvre le château, au public, dès 1948 et la chapelle sera terminée 3 ans après. En 1954, c’est l’inauguration du bâtiment qui abrite la tenture de l’apocalypse.
En janvier 2009, la toiture du logis royal fut ravagé par un incendie. Il aura fallu 3 ans de restauration.

Si de nos jours ce sont des jardins à part entière, ils ont été l’espace pour des biches et des daims de 1936 jusqu’à 1999. Sous le Roi René, des tournois s’y tenaient. Au 18ème siècle, ils étaient des jardins et des potagers. Du fait du dénivelé, il n’a jamais été question de les mettre en eau.
L’entrée du château






À l’intérieur du logis ; l’expo sur les fées



La chapelle



Les remparts


Les jardins


La porte des Champs, de l’intérieur

La Porte des Champs était à l’époque l’entrée principale du château. Elle possède 2 herses dont une la plus ancienne de France.

Les tentures de l’apocalypse
Il aura fallu 7 ans pour les réaliser. Il y avait à l’origine 6 pièces mesurant 23 m × 6 m. Pour les lire, il faut lire la partie du haut de gauche à droite et ensuite revenir tout à gauche pour lire la partie du bas. Et comme ça pour chacune des 6 pièces. Malheureusement les écrits ont disparu.
Bien que tout le monde ne savait pas lire à l’époque, les images, elles, parlent à tout le monde et vont bien au-delà des textes bibliques. Les détails nous montre la vie de l’époque.
Le Roi René lèguera la tapisserie à la cathédrale d’Angers à la fin du XVè siècle et tombera dans l’oublie au XVIIIè siècle. On la redécouvre au XIXè siècle, mais bien endommagée. C’est grâce au chanoine Joubert que la restauration est entreprise. Après plusieurs voyages à l’étranger, elle revient à Angers dans les années 50 pour trouver sa place dans cette salle d’exposition.



@labreizhlady Le Château d’Angers 49 #maineetloire49 #chateauxdelaloire #chateaux

Infos pratiques
Du 2 mai au 4 septembre : 10h – 18h30
Du 5 septembre au 30 avril : 10h – 17h30
Les 24 et 31 décembre : fermeture à 16h30.
Jusqu’au 1er juin 2025
- Tarif individuel en caisse et en ligne : 11€
D’avril à septembre (à partir du 2 juin 2025)
- Tarif individuel en caisse : 14€
- Tarif individuel en ligne : 13€
Le mercredi, c’est moins cher : 12€ en caisse – 11€ en ligne
D’octobre à mars
- Tarif individuel en caisse : 12€
- Tarif individuel en ligne : 11€
Pour les camping-cars : Sachant que je n’allais que pour le château, je me suis garée à ce parking. Au 1 Bd Foulques Nerra. C’est un grand parking gratuit et non goudronné et pas en super état à mon passage (Mais il a le mérite d’être là). L’accès à pied au château est rapide, vous avez juste à traverse La Maine et vous êtes au pied de la forteresse.
Il y a aussi un parking payant avec code ou QR code où il est possible de rester la nuit, il faut contacter l’office du tourisme et il faut acheter un Angers City Pass de 24, 48 ou 72h. Ce pass donne accès à de nombreux sites touristiques. Adresse du parking : 6 Bd Olivier COUFFON.

Pour situer
Source : Wikipédia, destination-angers.com, anjou-tourisme.com, chateau-angers.fr
Béhuard
Le Thoureil
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