Finistère,  Petite cité de caractère

Guerlesquin

Un petit arrêt sur un retour de week-end, fin novembre dernier. Très souvent passée à côté, mais je ne m’y étais jamais arrêtée. Le tour a été malheureusement écourté par la pluie. On voyait bien les nuages menaçants arriver, mais on pensait encore avoir le temps de profiter du soleil pour la visite. Bon, nous avons quand même vu l’essentiel.

Étant une petite cité de caractère, un parcours historique a été mis en place. Des panneaux explicatifs ont été installés devant les monuments qui suscitent de l’intérêt.

À noter aussi que sur les panneaux il y a le parcours d’inscrit, comme ça on sait où on se trouve. Je trouve ça vraiment bien, ce n’est pas le cas partout. Il y a les petits dépliants Petites cités de caractère (ici pour Guerlesquin) que je prends facilement dès que je les trouve, vous avez le plan du bourg, les monuments à voir et l’histoire qui va avec. Mais là un dimanche après midi hors saison… aucune chance d’en trouver.

Il ne faut pas hésiter à s’arrêter, il est plein de charme ce bourg.  L’essentiel à voir est dans le centre bourg, nous avons cependant loupé les maisons ouvrières et le lavoir. Mais comme il pleuvait bien après …. alors l’un dans l’autre.

 

L’Histoire

Nous sommes dans le Parc Naturel Régional d’Armorique sur la route de Carhaix-Plestin les Grèves. Historiquement, le bourg fait partie du Trégor. À l’origine, un démembrement de la paroisse de Plouegat Moysan. Ça sera ensuite une trève de Plounérin.

Le seigneur Even Gwen établi sa motte féodale au XIème siècle. La motte est détruite en 1080 et est remplacée par un château avec la famille Charuel (ou Charruel). C’est ainsi que le bourg s’est développé et qu’il s’est appellé ainsi. En breton Ker et Glisquen qui pourrait être traduite de façon littérale « la résidence noble d’Even Gwen ».

La famille Charuel va être présente lors de la 1ère croisade et lors de la guerre de succession de Bretagne,  Jean Charuel y va d’ailleurs s’illustrer.   Mais au 13ème siècle, la famille délaisse Guerlesquin et s’en va à Plouigneau.

Au 14ème siècle, la famille Penhoët puis au 15ème siècle la famille du Parc de Locmaria vont se succéder à Guerlesquin.

 

Avantages commerciaux

Jean de Penhoët, chambellan du Duc de Bretagne, amiral de Bretagne et Seigneur de Guerlesquin, va obtenir auprès du Duc Jean V des avantages commerciaux. Il fait gagner le titre de « ville » pour Guerlesquin. Ainsi, il y a le privilège de poids et de balance, le droit de perception de l’impôt sur la vente.

Jean de Penhoët décède en 1448. C’est son frère, Guillaume, qui hérite du fief. La fille de ce dernier épouse Pierre de Rohan, c’est ainsi que la Maison de Rohan s’installe là et les Rohan y resteront jusqu’en 1578.

De part sa situation géographique et ses avantages obtenus par Jean de Penhöet, ce sont les nombreuses foires qui vont s’installer dès le 14èmes siècles. Le marché tous les lundis, aujourd’hui encore.

Les halles sont créées en 1525 à la demande de Pierre de Rohan. Au rez-de-chaussée, nous avions les marchands et l’étage l’auditoire de la juridiction. Elles vont, d’ailleurs, s’effondrer en 1879. Elles seront reconstruites en granit. Les halles abriteront l’école des garçons de 1853 à 1960 puis la maire jusqu’à leur emménagement dans l’ancien presbytère. Aujourd’hui ce sont des expositions qui s’y tiennent.

En 1732, on comptait 19 foires différentes et annuelles en plus des marchés. On vient de toute la région pour les toiles, le vin, les chevaux/bovins.

 

La Révolution

Jusque-là Guerlesquin était le siège de l’administration seigneuriale. On y rendait justice tous les lundis matin.

À la révolution, on supprime toutes les armoiries et les écussons que l’on peut trouver même dans les chapelles et églises.

Guerlesquin devient à cette période une commune et a comme succursale Bothsorel.

Le commissaire membre du district de Morlaix, Jacques Le Lamer, vient pour persuader « les citoyens qui avaient la qualité requise de porter les armes de s’engager dans les troupes de ligne pour la défense de la patrie ». Il n’y eut qu’un seul volontaire… qui fut réformé.

Comme vous le savez certainement, lors de la Révolution, les prêtres devaient prêter le serment de la fidélité à la Constitution civile du clergé. Les prêtres qui refusaient devenaient prêtre réfractaire. Ils devaient s’éxiler, certains ont trouvé refuge en Angleterre ou encore en suisse. Ceux qui ne voulaient pas partir étaient des hors la loi et devaient vivre en clandestinité. S’ils étaient trouvés, ils risquaient l’emprisonnement voire même la peine de mort après 1793.

Les prêtres Le Foll et Perennes de Guerlesquin, n’ont pas voulu prêter serment. Malgré la venue de prêtres constitutionnels, les fidèles ont soutenu leurs prêtres. La messe était faite dans une petite église un peu à l’écart du bourg.

 

Vocation commerçante

Après 1840, on compatit toujours 13 foires annuelles. Elles étaient principalement pour les chevaux.

Entre les 2 guerres, il y a même un concours agricole et des courses de chevaux.

Après la seconde guerre mondiale, il n’y a presque plus rien. N’ayant plus de marché aux bestiaux, le projet est relancé à la fin des années 60. En 1972, le marché au cadran arrive. C’est le même qu’il y aura à Chateauneuf du Faou et de Landivisiau. Le marché est pour les bovins ainsi que les porcs sur un rayon de 30 km. Aujourd’hui, il ne reste Guerlesquin, Landivisiau et Bourg-Blanc. Le lundi pour les gros bovins, le mardi pour les veaux et un jeudi sur deux pour les broutards.

 

 

La Prison seigneuriale, elle est commandée en 1640 par Vincent Du Parc de Locmaria. Au rez-de-chaussée on y trouve la salle de garde, à l’étage, le logement du gardien et au second étage la cellule des détenus. Menaçant de ruine, elle est sauvée par Prosper Proux (percepteur, conteur et chansonnier de la langue bretonne) en 1856.

Elle est classée Monument Historique en 1875.

 

 

La chapelle St Jean. Vendue comme Bien National à la Révolution, elle est reconstruite en 1844 par François-Louis Du Parc. En 1711, le couvent des Dames Paulines s’était installé juste à coté.

 

 

La maison de Kernaman. Manoir du 15ème siècle.

 

 

 

L’église St Tevenan, construite en 1499 sous l’impulsion de Pierre de Rohan. Elle est reconstruite en 1859 pour qu’elle soit plus spacieuse. Pour ce faire, on démolit l’ossuaire de l’enclos et la chapelle Ste Barbe.

Elle donne un aspect austère au premier abord, mais dès que l’on rentre dedans, c’est vraiment autre chose. J’adore le bleu du plafond et il donne une ambiance douce et apaisante.

 

 

La grande maison de Pors Cadiou. Elle date de 1785.

 

Le champ de bataille, Place de marché qui servait autrefois comme terrain d’exercice pour les soldats du seigneur. À la fin du 19ème siècle, la municipalité souhaitait offrir un lieu de promenade pour les habitants. En 1970, un aménagement paysager est effectué pour avoir un agréable jardin public.

 

 

Les Halles

 

 

 

L’été plusieurs fêtes anime le bourg dont début août, le championnat de lancé de menhir… si si ^^

 

Pour situer

Sources, Wikipédia, Infosbretagne.com, petitescitesdecaractere.com, bretagne-decouverte.com

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