Morbihan

Loyat, Le chtâteau

Une petite sortie un samedi en juillet dernier. Sans vacances, je me suis rabattue sur ce qu’il y a à porté de main. On trouve des choses sympas à voir pas loin de la maison pour prendre un peu l’air.

Les réservations pour la visite se font sur le site du château (clic ici).

J’ai été reçu par la propriétaire. Un peu en avance, elle m’a laissé quelques instants devant l’entrée du château. Elle est revenue avec la personne qui effectuait la visite guidée. Étant sa première visite guidée, la propriétaire est restée avec nous pour donner quelques détails supplémentaires.

J’ai été surprise, j’étais toute seule pour cette visite, j’avais l’impression d’avoir une exclusivité. La visite a duré un peu plus longtemps que prévue, mais j’en étais très contente. J’ai eu beaucoup d’infos qui malheureusement ne me sont pas toutes restées dans la tête!! On sent la passion de la propriétaire pour son château, on est suspendu dans le temps durant cette visite.

En tout cas, je remercie la propriétaire Mme Ropars pour son accueil et pour avoir pris du temps pour discuter après la visite. Une personne très accessible et qui est là pour partager l’histoire de ce château.

Il gagne vraiment à être davantage connu, un pur joyau du 18eme siècle. Malgré être passé dans de nombreuses Familles, il a gradé son authenticité.

 

 

L’Histoire

Pour remettre dans le contexte, nous sommes au nord de Ploërmel (56) dans le Comté du Porhoët, région sud de l’évêché de St Malo en Bretagne Historique.

Le domaine appartient à la Famille De Fontenay de 1347 à 1402. Une forteresse est construite, mais on ne sait pas grand-chose d’elle.

Par jeu d’alliance, le domaine va arriver entre les mains de la Famille d’Acigné.

Béatrice de Rostrenen, la veuve de Jean V d’Acigné fait construite un château en 1500.

En 1529, le domaine est vendu à Guillaume de Quelleneuc puis le domaine passera entre les mains de plusieurs familles jusqu’en 1676.

C’est la Famille Coëtlogon qui s’installe sur ces terres. On apprendra d’ailleurs début 1900 par Mr L’Abbé Martin que le château décrit pas Louis de Coëtlogon aux commissaires du Roi en 1680 concernant la réformation des Domaines Royaux correspond aux descriptions de Jean d’Acigné en 1529. Le château n’a donc pas évolué malgré la succession de propriétaires.

 

La réformation des domaines royaux.

Instaurée par Colbert en 1660, elle consiste à réglementer les forêts royales, communales et ecclésiastiques.

Un constat ayant été fait, la superficie de forêt avait considérablement diminuée. Le bois représentait la source principale d’énergie, mais il fallait aussi subvenir aux besoins de la guerre avec la construction de navires, mais aussi de toute la partie industrie avec la forge, la verrerie, la papeterie, etc. Mais il n’y avait pas que ça.

Avec les conflits, les faveurs du Roi ou encore une administration pas toujours à jour. Il y avait des parcelles qui avaient été aliénée (c’est à dire vendues, concédées ou encore engagée).  Il s’agissait donc d’inventorier les droits des particuliers/nobles, de lister les usurpations, les abus, les délits pour ensuite donner des amendes. L’Etat récupérait ainsi des terres, du patrimoine et des revenus qui étaient perdus de la couronne. Cette enquête nationale permet aussi d’assoir l’autorité du Roi.

 

Cette Famille Coëtlogon décide d’un nouveau château sur l’ancien qui est loin d’être en très bon état. Il sera surtout mis en œuvre par le petit-fils de Louis de Coëtlogon, René Charles de Coëtlogon qui va hériter du domaine.

Pour ce faire, il fait appel à l’architecte Oliver Delourme. Ce nom vous dit peut-être quelque chose si vous avez déjà visité des châteaux de la région. C’est lui qui s’occupera de la construction du château de Kerguehennec à Bignan (56) entre autres, mais aussi d’hôtels particuliers à Vannes et de son église St Patern.

La construction s’étend de 1718 à 1734. Même si les matières premières sont locales, sa situation isolée complique l’acheminement des matériaux.  Alain Emmanuel de Coëtlogon participe au financement du château. Sa position à la Cour, notamment de conseiller de la Marine et conseiller d’état qui lui permet d’avoir les avis des membres de l’académie royale d’architecture.

L’architecture du 18eme dans toute sa splendeur s’invite donc à Loyat.

Malheureusement, les deux fils de René Charles de Coëtlogon décèdent sans descendance. Tous les deux ayant embrassé une carrière militaire, ils n’ont pas repris le flambeau de leur père concernant le château. C’est ainsi que la famille Coëtlogon perd le domaine en 1792.

Resté sans doute inhabité, le château est resté figé au faste du 18ème siècle malgré les années qui passent.

En 1810, une nouvelle famille s’établit au château, la Famille Briot de la Mallerie. Jean-Guillaume anobli en 1823, il fut maire de Loyat de 1815 à 1826. Son fils, Toussaint Briot, lui succède jusqu’en 1830. Mais suite à un procès perdu dû à un conflit avec des riverains, il démissionne et vend le domaine dans la foulée.

Le comte Napoléon Marie de Nompère de Champagny (oui rien que ça!!) et filleul de Napoléon 1er acquiert le château en 1830. Sa femme n’est autre que la fille du Baron de Corbineau, un officier napoléonien. Autant dire que la haute aristocratie est à Loyat. On met le château un peu au goût du jour et on plante aussi les arbres dans le parc.

À noter que le comte s’investit politiquement puisqu’il fut député du Morbihan puis maire de Loyat. Il sera aussi conseiller général du canton de la Trinité-Porhoët et il sera aussi membre du Conseil général du Morbihan.

Il n’y aura pas d’enfants, le château est de nouveau en vente après la mort de Mme Corbineau.

En 1885, c’est la Famille Delprat qui rachète le château.  On restaure le château, car il n’est pas en bon état. Léon Auguste Delprat fait remettre sur le fronton les armes de la Famille Coëtlogon, vraisemblablement mutilées lors de la Révolution.

C’est sa fille qui héritera du château qui l’entretiendra toute sa vie.

Depuis 1885, le château restera dans la même famille, même si le nom change avec le mariage des filles. Et en 2018, Gilles Dargnies, propriétaire depuis 1984, dont Léon Auguste Delprat était l’arrière-grand-père, met en vente le château.

Depuis 2018, c’est la Famille Ropars propriétaire des lieux. Acheté vide, ils ont pris soin de le remeubler. Ils vivent sur place et continuent d’entretenir le château et de le restaurer.

Il est ouvert à la visite l’été, on peut aussi réserver les lieux pour des réceptions.

 

 

 

 

 

 

Les intérieurs avec l’accord de Mme Ropars.

Cette dernière photo, c’est l’appartement de Madame. Quelle sérénité dans cette pièce, c’est ma préférée, je pense.  Généralement dans les châteaux, les cuisines sont toujours sur la première marche du podium, j’adore ces pièces !

Mais là, il y avait quelque chose de particulier qui s’y dégageait et pourtant je suis loin d’être une adepte du vert. Je ne sais pas pourquoi, mais il y avait un truc ! La luminosité de la pièce, le bois, la vue sur les jardins, l’agencement… Un mélange de beaucoup de choses, je crois. (étant prise en grand angle, ça se ressent moins sur la photo).

 

 

Infos pratiques

Les visites sont ouvertes entre avril et septembre, en réservation sur le site du château. Elles se font qu’en visite guidée, On y découvre le rez-de-chaussée, le grand vestibule, les anciennes cuisines et l’enfilade du premier étage. Pour la découverte des jardins qui est comprise dans le billet, c’est en accès libre.

 

Tarifs :

ADULTE
10€
ENFANT (7-14ans)
5€
Moins de 7 ans
GRATUIT
RÉDUIT (étudiant, demandeur d’emploi)
7€

L’accès au parc seulement : 4€

 

Vous avez d’autres façons de venir voir le château, avec les Estivales du château ; Festival de musique classique (en juillet), les promenades botaniques ou encore l’ordre des veilleurs (jeu d’aventure à faire en famille sur 5 sites en Brocéliande). Toutes les infos sur le site du château (clic ici)

 

 

Pour situer

 

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