La Martyre, L’enclos paroissial
Lors d’un week-end dans le Finistère nord, j’avais fait un arrêt dans ce petit bourg pour découvrir son enclos paroissial. Bienvenue dans le Bas-Léon avec ce petit bijou architectural dont la construction a commencé dès le 11ème siècle.

Ce qui lui vaut d’être le premier de cette longue liste. Les principales constructions se sont étalées du 11ème siècle jusqu’au 17ème siècle. Le porche qui date des années 1450 et le 1er du genre avec toutes ses sculptures qui raconte une histoire. Notamment celle de la Nativité.
Coincé entre les maisons, il est un peu particulier avec cet aspect de fortification et son chemin de ronde. Même s’il y a des détails partout, de sa part, sa configuration, c’est le 1er dont j’ai eu cette impression d’oppression en rentrant dans la cour.
Mais quelle merveille tout de même. Comme chaque enclos paroissial, il faut prendre le temps de tout regarder. Il est particulier aussi avec ces 2 entrées côte à côte. Le porche est bien l’entrée de l’église où se trouvent les niches avec les apôtres. L’entrée à gauche, c’est l’ossuaire. Il porte la date de 1619. On peut prendre un peu de hauteur en montant sur le chemin de ronde. C’est là que l’on surveillait lorsqu’il y avait les foires.
Derrière l’église, le cimetière avec son mur en pierre qui fait tout le tour.

Concernant le bourg, je ne sais pas vous, mais son nom questionne un peu. La Martyre…
C’est une ancienne trève de Ploudiry. Il est raconté que c’est ici que le Roi Salomon de Bretagne fût assassiné. Événement survenu le 25 juin 874.
Il avait trouvé refuge dans l’église lorsque l’on lui arracha les yeux. La violence a été telle qu’il mourut dans la nuit. C’est donc l’église qui fut appelée La Martyre : « Ar Merzher », qui donna ensuite son nom au village.
Salomon fut canonisé en 910.
Bien évidemment, comme pour beaucoup d’autres choses, il n’y a pas vraiment de sources sûres. D’autres lieux se revendiquent le lieu de cet assassinat comme Langoëlan, Plélauff ou en encore la commune Le Merzher avec son église Notre Dame de sept douleurs dédié à St Salomon.
La Martyre c’est aussi, les foires. Il faut le dire, on vient même de l’étranger. Les marchands viennent de la France entière mais aussi de Flandre, d’Angleterre, d’Irelande ect. On y trouve des toiles, de l’orfèvrerie, bestiaux ect …
Elles étaient très réputées. Et c’est bien par le biais de ces foires et notamment du commerce de la toile de lin que l’enclos a pu être construit. Mais, d’autres voulaient la faire transférer. Visiblement, Landerneau était envieuse et désirait que cette foire soit chez elle. À la Martyre, il a fallu batailler via les tribunaux pour garder cette foire telle qu’elle était.
« Les fabriques de l’église de Notre-Dame de La Martyre demandent justice à votre Majesté, pour être restitués contre sentence du 6 Mai 1667 du Parlement de Rennes, qui entérine des lettres de jussion obtenues par surprise de votre majesté, au mois d’Avril, par Dame Marguerite duchesse de Rohan, princesse de Léon, touchant la translation en la ville de Landerneau de la foire appelée de la Martyre, qui se tient de tout temps immémorial au bourg de La Martyre… C’est la ruine d’une des plus belles églises de la province, qui perdra plus de 2.000 livres de rentes, c’est l’abolition d’une des plus anciennes foires et des plus fréquentées du royaume… Dès lors de l’établissement de cette église en succursale, qui fut fait, il y a plus de trois ou quatre siècles (au XIIIème ou au XIVème siècle), il s’y fit quantité de miracles qui appelèrent une si grande affluence de peuples que peu à peu il s’y établit une assemblée solennelle au temps de la Magdeleine qui, depuis fut convertie en l’une des plus célèbres foires du royaume, qui s’appelait la foire franche, d’autant qu’il ne s’y levait aucun péage ni subside » (Archives du Finistère, G 245). Source Infobretagne.com
Si vous voulez en savoir plus sur cette foire et connaître les péripéties des villageois pour garder la foire dans leur village, cliquez ici. Cette page du site Infobretagne est vraiment très complète.
Au 19 ème siècle, La Martyre était encore une des plus grandes foire de l’Ouest. Mais elle va prendre un tournant en se dirigeant vers le commerce de chevaux. C’est en 1843 que le bourg accueille le 1er champ de courses du département.

Les apôtres dans le porche.





@labreizhlady 📍 La Martyre 29. C’est une ancienne trêve de Ploudiry. Magnifique enclos paroissial avec sa porte triomphale. Et Ankou qui nous accueille sous le porche ! Je détaillerai les infos sur le blog. #finistere #toutcommenceenfinistere #bretagne #bretagnetourisme #bretagnenord #enclosparoissiaux #breizh #breizhphoto #breizhpatrimoine #eglise #eglisebretonne #quelquepartenbretagne #ankou
Pour situer
Source : Wikipédia, Infobretagne, Bretagne-découverte.com, tudarvro-broleon.fr
Cleden Cap Sizun, La Pointe du Van
Herbignac, Le chateau de Ranrouët
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2 commentaires
Gilbert
Un beau village. On ne peut qu être en admiration pour le travail de ceux qui ont sculpté ces pierres. Merci pour ce nou eau partage très intéressant
La Breizh Lady
Bonjour,
C’est vrai, on ne peut être en admiration face à travail.
Bonne journée