Finistère

Cleden Cap Sizun, La Pointe du Van

Un bon bol d’air iodé, ça vous dit ? … bien que nous soyons sous les eaux en ce moment dans certains secteurs du Morbihan et l’Ille et Vilaine…  :/ courage aux sinistrés.

Allez, on part direction le sud Finistère… presque au bout de la terre. Oui, presque, nous nous arrêtons un peu avant la Pointe du Raz.

Nous y étions alors que la tempête Ciaran se préparait à arriver. Le temps n’était donc pas super chouette mais il faisait bien de prendre cet air iodé. Semaine de vacances que l’on avait dû écourter, mais ces quelques jours avaient quand même fait du bien.

 

La Pointe du Van avec tout son lot de légende est un lieu très connu grâce à la chapelle St They qui domine la mer.

De là, on aperçoit, le phare de la Vieille avec l’île de Sein au loin derrière. On distingue aussi cette maison-phare sur son rocher, le mythique phare de Tévennec, connu pour sa légende de phare maudit.  Entre la Pointe du Van et la Pointe du Raz, la baie des trépassés, là aussi, une légende se perpétue.

 

 

La Vieille

 

Dans la baie des trépassés, il y a cette longue plage de sable bien à l’abri entre la Pointe du Raz et la Pointe du Van. Mais sous ses airs de plage idyllique se cache bien des choses. La Pointe du Raz est bien connue pour être dangereuse pour les marins, entre les courants et les rochers, beaucoup y ont perdu la vie.

Pour ces bateaux qui ont fait naufrage au large, les débris des navires et évidemment les corps des marins s’échouaient sur la plage. Ce qui a donné le nom de la baie des âmes en peine.

La plage de la baie des trépassées.

Source : Cap Sizun Tourisme

 

 

 

 

 

 

 

 

On dit que la cloche de la chapelle sonne toute seule pour avertir les bateaux du danger et appelle à se mettre sous la protection du Saint… St They. C’est un Saint du 9ème siècle, disciple de St-Guénolé à l’abbaye de Landévennec.  Il n’est pas très connu en Bretagne, en revanche outre manche, il l’est davantage. Notamment dans le Cornwall, on le connaît sous le nom St Day.

En Bretagne, il a cependant laissé quelques traces, outre son nom à quelques chapelles, il a donné son nom à la commune de Lothey. « Lok » qui signifie « Lieu consacré » et They.

 

La légende raconte que la flotte française était poursuivit par l’ennemi, la cloche de la chapelle s’est mise à sonner. L’amiral l’entendit et pris la décision de prendre la direction de la Baie des Trépassées au pied de la falaise où se trouve la chapelle. L’ennemi voulu suivre mais un courant contraire emporta les navires dans le Raz où certains périrent et d’autres envoyé au large.

 

La chapelle date du 17ème siècle, construite sur l’emplacement d’une plus ancienne chapelle. Dédiée à St They. En 1818, la chapelle servait de corps de garde. Elle sera remise à la municipalité, par la suite, en très mauvais état.

Autrefois, il existait 4 pardons à la chapelle. Aujourd’hui, il ne reste que le grand pardon du 1er dimanche de juillet.

 

 

 

 

 

 

Le phare de Tevennec dit le phare maudit. C’est une maison phare, le seul de ce type. La maison fait environ 60m2.

Je l’ai certainement déjà précisé dans d’autres billets, mais les phares sont classés selon leur localisation.

En pleine mer, ils sont dans la catégorie « Enfer ». Lorsqu’ils sont sur une île, c’est le « Purgatoire ». Et enfin, lorsqu’ils sont sur le Continent, c’est le « Paradis ».

Le phare porte le nom du rocher « Le Tevennec ». Considéré comme « Purgatoire » sur son îlot mais en fait est plutôt un Enfer. Il se trouve à 5km des côtes.

C’est au 19ème siècle que l’on s’est inquiété de cette zone.  Il y avait un trop grand nombre d’accident, dans le Raz de Sein les courants sont assez dangereux. Il a donc été décidé la construction de phares pour aider à la navigation et éviter les accidents. Il y a La Vieille, à la Pointe du Raz, le phare de Tevennec un peu plus haut et Ar-Men à l’extrême ouest de l’île de Sein.

Avant même que le phare ne soit dit maudit, la légende courait déjà sur ce rocher. Il était dit qu’il y avait déjà eu naufrage et le marin appela à l’aide en vain, agonisant 4 jours. On disait que c’était le lieu de l’Ankou… avec tous les naufragés dans cette zone, il prenait les corps pour le passage aux Enfers sur cet îlot.

Lors de la construction, les ouvriers entendaient « Kerz kuit » qui signifie « Va-t-en ». Les anciens du Cap racontent que ce sont les naufragés des siècles passés qui font entendre leurs supplications. Donc déjà, ça partait mal …

Il sera inauguré en 1875. Il n’est mal référencé et il n’est prévu qu’un seul gardien, séjournant à l’année. On autorise femmes et enfants à partir de 1898.

Malheureusement, la mauvaise réputation de ce phare se repend comme une trainée de poudre et personne ne se bouscule pour le poste de gardien et gagne même le titre de pire phare de France tant les conditions de vies sont difficiles.

Henri Guezénnec, premier gardien, va sombrer dans la folie et évoquera aussi ces voix qui lui murmuraient « Kerz kuit, kerz kuit… ama ma ma flag » « va-t’en, va-t’en, ici, c’est ma place ».

Alain Menou, succèdera à Henri, il y restera 7 ans mais l’issue sera la même que pour Henri. La folie le prendra.

Les gardiens vont se succéder tout comme les tragédies. Ce sont tout de même 23 gardiens qui auront pris place sur ce rocher en 35 ans, les conditions de vie étant extrêmement difficiles. Les gens du Cap ont même demandé au curé de Plogoff d’exorciser le rocher et ensuite de le bénir… mais en vain.

Surnommée la Tour de la mort, plus personne ne voulait y aller. En 1910, il sera le 1er phare automatisé de France.

Plusieurs écrivains relateront les faits qui se déroulaient au phare, notamment Anatole Le Braz en 1900, mais aussi Le Gofffic Charles en 1930. L’Historien Jean-Christophe Fichou, après multiples recherches aux Archives de Quimper au début des années 1990, n’a trouvé aucune mention de la folie des gardiens ni des morts mystérieuses.

Cependant, des plongeurs ont découvert une grotte sous-marine sous l’îlot, qui par gros temps et avec le vent qui s’y engouffre laisse échapper des sons laissant penser à des voix plutôt glaçantes. L’explication se trouverait donc là.

Mais en Bretagne, on aime bien les mystères, donc on va tout de même garder le bénéfice du doute…

 

 

Voici une vidéo très intéressante qui explique beaucoup de choses.

 

 

 

 

 

Pour situer

 

Source, le Télégramme, Ouest France, Wikipédia, Audiern-info.

4 commentaires

  • 7Gilbert

    Bonsoir. Un super grand merci pour ce documentaire sur cette région qui est pour moi parmi les plus belles.
    De plus ce sont mes souvenirs des plus belles années au début de notre passion pour le camping car
    Dans les années 90 nous allions un an sur 2 pour les vacances en Finistère et cotes d Armor avec un J9 Odyssée de Chausson qui était à l époque le top du top des fourgons .( je vous laisse faire la recherche sur le net pour voir le bijou )
    A cette époque on n était pas nombreux il n y avait pas de contrainte de stationnement…peu de services aussi ..on passait des nuits et journees carrément sur les galets de la Baie des Trepassés et les enfants jouaient sur la plage à côté. Il n y avait que quelques chanceux pour profiter de ces moments.
    Ça reste des moments inoubliables au point que mes enfants y retournent en « pèlerinage  »
    MERCI d avoir ravivé mes souvenirs
    Amicalement Gilbert actuellement pas en camping car mais sous le soleil des Antilles profitant de mes petits enfants

    • La Breizh Lady

      Bonjour,
      J’ai eu un très grand plaisir à vous lire. Je suis très contente que ça vous ait ravivé de très bons souvenirs. Et j’imagine bien que le stationnement était tout autre à cette époque…. aujourd’hui c’est de plus en plus compliqué malheureusement. Je vais aller voir ce J9 😉 …
      Profitez bien des Antilles et de vos petits enfants.

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