Côtes d'Armor

Paimpol, L’abbaye de Beauport

C’était, l’année dernière, pour le week-end des Journées du Patrimoine, je devais être au château à côté de Quintin le dimanche avec l’Association Crinoline est Cie (Pontivy 56). Du coup, on a profité de partir pour le week-end avec le camping-car.

Une occasion de partir s’aérer un peu et puis pour loulou, de faire quelques kilomètres pour sa conduite accompagnée.

J’avais opté pour un coin où on n’a pas trop l’habitude d’aller, le pays du Goëlo. Cet ancien pays breton qui s’étend de Paimpol jusqu’aux portes de St Brieuc du côté de la côte et qui, dans les terres, descend jusqu’à Quintin. En couleur rose sur la carte.

https://abp.bzh

 

Il y avait quelque chose qui me titillait depuis un moment… L’abbaye de Beauport ! Donc après s’être arrêté à Lanleff pour le temple, on a continué direction l’abbaye. Le parking n’est pas très grand alors pour les camping-cars ce n’est pas évident.

Et me voilà partie la découvrir, quel plaisir de déambuler au cœur de ces ruines. Il y a quelque chose de spécial, je trouve. Et avec la mer en fond de tableau, c’est vraiment magnifique.

Je préviens de suite, il y a beaucoup de photos… Mais c’est tellement magnifique ! ♥

 

 

 

 

L’Histoire
Un premier monastère

À l’origine un monastère sur l’île Riom (dans la baie de Paimpol) à la fin du XIIème siècle. Il est établi par Henri de Trégor, il est affilié à la famille du duc de Bretagne.

Le fils d’Henri de Trégor, Alain 1er, confie le monastère aux Augustins de St Victor à Paris. Mais les choses se compliquent et la fondation finie ruinée.

 

L’installation à Beauport.

Seulement le comte du Trégor, Alain 1er, tient à ce qu’il y ait une abbaye sur son territoire. À ce moment-là, il ne reste qu’un abbé et 3 chanoines sur l’île. Par une charte, il transfère les biens de l’abbaye de St Riom en 1202 dans un bâtiment qui lui appartient au lieu dit Beauport.

Fondée comme un établissement de l’ordre des Prémontrés de la Circarie de Normandie dont le chef-lieu se trouve à côté de Bayeux. C’est la seule de ce type en Bretagne.

Le comte Alain de Goëlo demande à l’abbaye de la Lucerne de lui envoyer 25 religieux. Beauport devient l’abbaye « fille » de l’abbaye de Normandie. Le comte leur donne les biens de l’abbaye de St Riom, des paroisses, les reliques de St Maudez ainsi que des églises du secteur et 9 églises anglaises. Les frères de ce dernier donnent des zones forestières pour la construction du monastère. Des seigneurs locaux donneront aussi à ce nouveau monastère. Les seigneurs étaient très pieux.

L’abbaye se développe plutôt bien, car en 1239, elle possède la haute justice et dès le XIIIème siècle, elle devient un établissement de crédit : achat, crédits, hypothèque. Elle est notamment active dans l’économie de la pêche au large de Terre-Neuve.  Elle possède de nombreux privilèges ; Elle détient une foire annuelle à Paimpol, au port de Paimpol, elle a le droit sur le poisson, établie une levée sur les entrées et sorties du poisson du port, elle a aussi un droit sur le sel ect ….

Lors des Guerres de Succession de Bretagne, ce conflit qui oppose les Penthièvre et les Monfort, Jeanne de Penthièvre qui épouse Charles de Blois, est une descendante d’Alain de Goëlo. L’abbaye prendra bien évidemment le parti de la famille qui est à l’origine du monastère. Ils seront, donc réfractaires à Jean IV qui est du coté des Monfort. Ils reçoivent d’ailleurs une importante dotation de la part de Charles de Blois quelques semaines avant sa mort.

L’abbaye rayonne et elle est riche.

 

Les signes du déclin

Jusque-là l’abbaye possédait toujours ses églises en Angleterre, dans le diocèse de Lincoln. Au milieu du XVème siècle, Henri IV d’Angleterre récupère ces églises suite à des réformes. Ce sont les premiers signes du déclin de l’abbaye.

Malheureusement, la communauté lutte contre le système de commende. Dans ce cas, c’est le Roi qui impose un ecclésiastique ou un laïc à la tête de l’abbaye. Percevant un revenu pour cette fonction et si c’est un ecclésiastique, il a aussi la fonction de juridiction sans pour autant avoir une quelconque autorité sur les moines. Mais en 1532, la mise en commende est officielle et c’est le début du déclin pour l’abbaye.

Qui dit mise en commende, dit réforme. Là non plus, l’abbaye ne se laisse pas faire, elle résistera jusqu’en 1630 où elle appartiendra par la suite à la communauté de l’Antique Rigueur de l’ordre des Prémontrés.

En 1651, l’abbaye se délabre toujours plus. Il y a des infiltrations d’eau, il n’y a pas de chauffage, pas d’infirmerie ect…

 

Nouvel essor

Dès 1654 et jusqu’en 1763, des prieurs énergétiques vont réinvestir les lieux. Ils mènent des travaux d’envergures.  La construction du clocher, de jardins, de logements pour les hôtes, reboisement des terres…  On  y enseigne la philosophie et la théologie.

Mais à l’aube de la Révolution, les vocations s’effondrent, l’abbaye se détériore toujours plus. Les conflits et les procès qui se succèdent n’arrangent rien.

 

La Révolution

Quand la Révolution éclate, il ne reste plus qu’une dizaine de religieux et quelques domestiques. Mais en 1790, des décrets visent à supprimer les maisons religieuses et l’abbaye est fermée.

Un peu avant 1800, un riche négociant et instigateur de la pêche en Islande, Louis Morand, achète une bonne partie des bâtiments. Il les tranforme en appartements bourgeois, et la commune garde une partie pour y installer mairie et écoles.

En 1821, des voutes, le clocher, des toitures de l’église s’effondrent. Des dépendances et le bâtiment des dames s’écroulent aussi. Si bien qu’en 1836, Prosper Mérimée en fait un rapport au Préfet des Côtes du Nord (à l’époque) en précisant que ce serait bien trop onéreux de tout réhabiliter le site.  Cependant, il donne les points à conserver, ceux qui méritent le plus grand intérêt.

 

La sauvegarde

Le comte Poninski et son épouse qui n’est autre que la fille de Louis Morand s’installent à Beauport. Ils achètent peu à peu les différents bâtiments dans le but de sauvegarder le domaine. Bien que le site soit toujours critique, les Époux Poninski et M. Geslin de Bourgogne (un des fondateurs de l’archéologie costarmoricaine) demande à Prospère Mérimée de classer les ruines aux Monuments Historiques et ainsi éviter la démolition. Elles seront inscrites en 1862.

La famille Poninski possède la totalité de l’abbaye en 1891. L’abbaye restera dans la famille jusqu’en 1992. Cette dernière vend le site au Conservatoire du Littoral.

Dès 1995, on décide de garder les ruines en l’état et non des travaux de restauration. S’ensuit des travaux de consolidation pour sécuriser le site.

 

 

@labreizhlady

Au bord de mer dans les Côtes d’Armor, les ruines de cette abbaye…#breizhtourisme #breizh #cotesdarmortourisme #cotesdarmor #bretagne #ruines #abbaye #bretagnetourisme

♬ Glimpse (Slowed + Reverb) – Gabriel Albuquerqüe

 

 

 

 

 

 Infos pratiques

Plein tarif : 7 €

Tarif réduit : 4,50 €

Gratuit pour les 5 ans

Forfait famille

 

Ouvert de mars à novembre et compris les vacances de Noël.

Mars, octobre et novembre : 14h – 18h

Avril, mai, juin, septembre et vacances de la Toussaint: 10h30 – 12h30 et 14h – 18h

Juillet et août : 10h30 – 19h

 

Pour situer

Source Wikipédia, christianlegac.com, abbayebeauport.com

2 commentaires

  • Gilbert

    Bonsoir. Heureux de retrouver des articles super ,pour de multiples raisons j ai de la lecture en retard
    Je connais bien ces ruines que j aime beaucoup
    Vendent ils toujours leur production de cidre ?

    • La Breizh Lady

      Bonjour,
      Je suis vraiment très heureuse de pouvoir vous relire également 😀
      C’est une très belle découverte pour moi et oui, il y a toujours du cidre.
      Bonne soirée

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