Finistère,  P.Culturel

St Goazec, Le château de Trévarez

Ca faisait très très longtemps que je voulais aller visiter ce château. Toujours en haut de la liste et à chaque fois un contre temps ou alors la météo n’était pas de la partie… C’est vrai que dans l’idéal un brin de soleil c’est mieux pour faire de plus jolies photos. Nous sommes donc allés le visiter en octobre dernier.

 

L’Histoire

Surnommé le château rose, il domine la vallée de l’Aulne depuis un peu plus d’un siècle…. seulement. C’est effectivement un des derniers châteaux construits. Trévarez sous le nom de Trévaré est déjà connu sous l’Ancien Régime. Un manoir dont les terres s’étendaient sur 5 parroisses ; Laz, St Goazec, Spezet, Roudouallec et Guiscriff. Le domaine comptait 2600 hectares entre bois, landes et terres cultivables.

 

Une histoire avant l’histoire

Le domaine de Trévarez arrive par jeu d’alliance et d’héritage à Louise du Bégo du Grego. Elle est l’épouse du vicomte Antoine Henry d’Amphernet de Pontbellanger. Quand on évoque Trévarez, on est presque obligé d’évoquer l’histoire de Louise. Un sacré personnage pour son époque.

Louise du Bego du Grégo est née le 27 août 1770 à Surzur (Presqu’île de Rhuys 56) d’une des plus anciennes familles de Vannes. Elle se marie très jeune avec le Vicomte de Pontbellanger qui est chouan. Elle participe activement, d’ailleurs, au coté de son mari dans la chouannerie en 1793. En 1795, son mari a plutôt tendance à prenre le large que d’aller au front. Elle fait ce qu’elle peut pour sauver ses biens dans cette tourmante, qu’est la Révolution.

Elle croise un jour le Général Lazare Hoche. Elle en deviendra la maîtresse puis de fil en aiguille des échanges de bons procédés entre eux. Elle devient espionne pour le compte du Général.

Elle aurait transmis des informations sur le débarquement de Quiberon (arrivée des monarchistes émigrés aidés des Anglais en 1795). Entrainant Tinténiac en embuscade dans les Cotes d’Armor qui lui sera fatale. Elle aurait peut-être quelque chose à voir dans l’arrestation du chef Royaliste Charette et peut-être aussi dans la mort de sont mari en 1795. Seulement de tous ces actes, on n’a aucune certitude.

Avec toute cette histoire, son amant obtient le commendement de toutes les armées de l’Ouest. Lui, s’installe à Brest et elle, revient à Trévarez… libre puisque veuve de son mari. Le Général Hoche décède en 1797 mais Louise ne le pleure visiblement pas longtemps. Elle tombe dans les bras d’un autre gradé proche de son amant assez rapidement, le Colonel Michel Bonté puisqu’en cette même année 1797, ils se marient. Eh oui… Elle devient par la même occasion Baronne d’Empire.

Sous la Restauration, elle ne s’endore pas sur ses lauriers. Elle continue bien évidemment à mener des intrigues et servir des causes  … du moment que ça serve aussi la sienne. Bien loin d’être bête ^^. Elle protège ses intérêts auprès de Louis XVIII en obtenant que son mari garde un statut de haut gradé, elle récupère aussi, les terres et les biens que son père avait perdus. Elle revient ensuite à Trévarez.

Elle y décède en 1826 à l’âge de 56 ans. Perdant aisni toute la protection de Louise, son mari est mis à la retraite dans les mois qui suiveront son décès.

Elle aura eu une vie trépidente ^^

 

Après la Révolution

François et Louis de Monjaret de Kerjégu s’enrichissent dans plusieurs domaines mais sont à la base du milieu de la noblesse de robe. Ils achètent beaucoup de biens nationaux. C’est en 1845 qu’ils achètent le domaine de Trévarez au petit-fils de Louise.

 

L’Histoire du Château

James de Kerjégu, fils de François hérite du domaine. Homme politique riche et très impliqué dans la vie locale de la région. Il décèdera en cours de mandat de député et conseiller général du Finistère.

C’est lui qui décide du château avec l’aide de l’architecte Walter André Destailleurs. En 1893, les travaux commencent. Ils dureront 14 ans, cependant, il était à la pointe de la technologie pour l’époque ; 2 ascenseurs, des sanitaires partout, l’eau chaude à tous les étages, un chauffage central, une cuisine toute équipée. Une charpente en fer. Soucieux de son personnel,  James de Kerjagu avait prévu tout le confort pour les domestiques. Il y avait jusqu’à 80 personnes qui travaillaient là.

Il y avait des serres pour que les invités aient toujours des produits frais aux menus.

Malheuresement James meurt en 1908, soit un an après la fin des travaux. Sa fille unique Françoise, hérite du château. De nombreuses réceptions sont données pour la noblesse française mais aussi mondiale.

 

La Seconde Guerre Mondiale

Malheurseument la guerre éclate. En 1939, des objets classés ainsi que des pièces de musée de Calais sont stockées au château. L’année suivante, le château est réquisitionnés par les Allemands. Notamment pour le repos entre 2 missions des sous mariniers allemands et aussi japonnais.

Le château est bombardé en juillet 44. Le bombardement touche le coté ouest en détruisant les 5 niveaux sur son passage.

 

Après la guerre

Le mari de Françoise de Kerjégu décède en 1946. A la suite de la guerre, le château est délaissé et abandonné, le dédommagement donné à la suite de la guerre ne suffit pour les travaux de restauration.

Le château est laissé pour compte, la végétation reprend très vite ses droits et il est évidemment pillé. Les neuveux de Françoise de Kerjégu, qui sont les derniers héritiers, mettent en vente le château et le domaine de 181 hectares en 1968.

Il est racheté par le Conseil Général du Finistère. Le jardin, sur 85 hectares,  est ouvert à partir de 1971, il sera labbelisé Jardin remarquable. Etant très abîmé, le château ne se visite que partiellement.

La toiture est restaurée en 1993. Depuis 2019, l’aile Est a été rénové  notamment la chambre de Mr de Kerjagu ainsi que son cabinet de toilette

 

L’intérieur

 

 

 

 

 

Nous étions arrivés sur les coups de midi. Nous avons mangé sur le parking et nous avons été pour 14h. Nous étions seuls en ce début d’après midi. A parcourir le château nous avions l’impression de l’avoir pour nous.

La vue sur toute la vallée est vraiment magnifique. La visite est vraiment interessante. La pièce qui m’a vraiment le plus coupé le soufle c’est le grand salon même si bien endommagé.

Voici une photo d’époque

Sources : Archives Départementales

Une photo avec les stigmates de la guerre

Sources : Archives Départementales

 

 

 

L’extérieur

 

 

 

 

 

 

 

 

 

@labreizhlady

Le salon du château de Trevarez surnommé le château rose. Un des derniers châteaux a avoir été construit en France mais son histoire fut assez courte. #jaimelabretagne #finistere #toutcommenceenfinistere #quelquepartenbretagne #breizhtourisme #breizh #bretagnetourisme #breizhpatrimoine #bretagne #finistere29 #chateau #jaimelefinistere #chateaubreton #bretagnetourisme #voyageonsbreton

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Infos pratiques

Le chateau ouvre ses portes début mars.

ENTRÉE GRATUITE TOUTE L’ANNÉE POUR LES ABONNÉS
Moins de 7 ans : gratuit I 7-17 ans : 1€
18-25 ans : 5€ I Plein tarif : 9€
Tarif réduit : 6,50€*
Demandeur d’emploi, personne titulaire des minima sociaux,
personne handicapée et un accompagnant : 1€

Noël à Trevarez : De fin novembre à début janvier. Sur réservation

 

Pour situer

Sources : Wikipédia, Telegramme, cdp29.fr, jrap.chez.com, gouezou.canalblog.com

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