St Jean du Doigt, L’enclos paroissial
Nous y avons été cet hiver lors de notre week-end à la Pointe de Primel. N’ayant pas encore visité ce secteur, j’avais hâte de le découvrir.
Cet enclos paroissial est vraiment complet et est un exemple parfait de l’enclos type. Il y a l’église avec son mur d’enceinte, on y entre par une porte monumentale. On trouve aussi, un calvaire, un ossuaire, un oratoire, une fontaine et bien évidemment le cimetière.
Mais si l’on doit faire une comparaison avec les autres enclos que l’on peut trouver dans la région, c’est la motivation quant à sa construction.
Les enclos étaient, en règle générale, une guerre de clocher. On ne battait pas à proprement parlé, mais c’était à qui aurait le plus bel enclos, on y étalait sa richesse. Il fallait toujours faire mieux que le voisin… ou le voisin du voisin.
Ici, ce n’est pas réellement pour montrer sa richesse, car il faudra 73 ans pour que l’église soit terminée. La motivation est plutôt du côté des miracles.

L’Histoire
La paroisse
Autrefois, le village s’appelait, Traon Mériadec et nous sommes à deux pas de la mer. C’était une trève de Plougasnou (On ne prononce pas le « s »). St Mériadec ; Saint né vers 628 à Carhaix, il aurait bâti son ermitage à Stival (juste à côté de Pontivy) Il est nommé, en 659, évêque de Vannes. La chapelle qui dépendait de l’église mère de Plougasnou était par conséquent dédiée à St Mériadec.
Une fois la relique arrivée en Bretagne, et les fidèles trop importants, il fut décidé de construire une église pour abriter comme il se doit la relique de St Jean-Baptiste. La première pierre est posée en 1440. Mais, la construction va traîner en longueur, mainte fois arrêtée. Elle sera terminée et consacrée en 1513. Avec les miracles qui se produisaient, il y aura beaucoup de fidèles à venir notamment au pardon annuel.
Pour le reste de l’enclos :
La porte monumentale : 16ᵉ siècle. Il y avait une grande terrasse au-dessus. Elle servait les jours de pardon pour célébrer la messe. Elle sera détruite en 1821. La fontaine date de 1691. (Campagne de restauration en 2024.). L’oratoire du sacre date de 1577. L’ossuaire est de 1618 et le calvaire est de 1877.
Lors des guerres de religion, les biens de l’église ainsi que la relique avaient été mis en sûreté, notamment au château du Taureau pour une partie. Et une fois cette mauvaise période terminée, les pèlerinages ont pu reprendre.
Dès le 17e siècle, la paroisse demandait l’indépendance vis-à-vis de Plougasnou. Elle deviendra commune qu’en 1793 sous le nom de St Jean. St Jean du Doigt ne prendra effet qu’à partir de 1801. Au fil du temps, le pardon a gardé toute sa renommée, à la moitié du 19e siècle, 15 à 20 000 pèlerins y assistaient encore.
En 1925, la foudre touche le clocher de l’église. Elle perd sa flèche haute de 17 m. Un incendie ravagera l’église dans la nuit du 5 au 6 novembre 1955. S’il ne restait que les murs, la relique, elle, était toujours là.
Aujourd’hui encore, le pardon a toujours lieu. Il est célébré le dernier dimanche de juin où la relique est exposée. On allume aussi le grand feu de la Saint-Jean.

La relique de St Jean du Doigt
On est à St Jean de Daye, en Normandie (Version normande de St Jean du Doigt), Entre St Lô et Isigny sur Mer. En 1437, un seigneur avait à son service un jeune homme originaire de Plougasnou. Ce dernier vouait un culte à St Jean, il le priait lui et sa relique quotidiennement à l’église. Sa dévotion était totale. Et lorsqu’il dut rentrer à Plougasnou et c’est le cœur brisé qu’il quitta St Jean de Daye en allant prier une dernière fois avec une certaine ferveur.
À son passage dans les villes, les cloches sonnaient et les arbres s’inclinaient. Les gens pensaient qu’il était un sorcier si bien qu’il fut emprisonné. Mais le lendemain, à son réveil, il ne se trouvait dans cette cellule de prison, non, il était de retour dans sa paroisse.
À son retour, sans son village natal, la cloche se mit à sonner toute seule, les cierges s’allumaient aussi tout seuls. La cloche sonnait tellement que les villageois sont tous venus voir ce qu’il se passait.
Le jeune homme priait dans l’église quand il sentit quelque chose dans son poignet. La relique sortie de sa chair et arriva sur l’autel. Une fois l’émotion passée, il raconta aux gens son histoire.
Évidemment, le duc de Bretagne, Jean V, eu vent de cet événement. Il vint sur place pour voir de près la relique. Il mit la relique dans un étui d’or. Les miracles de la relique de Saint-Jean-Baptiste se sont vite répandus dans la région. La chapelle devenait trop petite pour les fidèles.
Il fut décidé de construire une église pour abriter cette relique comme il se devait et pour recevoir tout ce monde. La construction commence en 1440.
En 1489, les Anglais débarquent par la Pointe de Primel et pillent le secteur. Arrivés au village, ils s’emparent de la relique pour la ramener au Roi. Mais une fois en Angleterre, on ne retrouvait pas la caisse dans laquelle était logée la relique. Les soldats devinrent aveugles sur le champ. La relique était miraculeusement revenue à son lieu initial.
Les soldats demandèrent pardon à Dieu et retournèrent au village pour avouer leur faute au Saint et demander pardon. Ils recouvrèrent la vue.
Effectuant son Tro Breizh, Anne de Bretagne avait entendu parler des miracles de la relique de St Jean-Baptiste. Étant à Morlaix en 1505 et avec le mal de son œil, elle envoya du monde cherche la relique pour qu’elle puisse guérir son œil. On mit la relique sur un brancard, mais à peine parti de l’église, le brancard se cassa et la relique disparut… enfin non, comme pour les Anglais, elle retourna à sa place initiale.
On retourna auprès de la Reine pour expliquer ce qu’il s’était passé. Elle demanda pardon au Saint disant que c’était bien à elle d’aller sur place. Elle voulait faire le trajet à pied, mais son entourage a réussi à la convaincre de faire le voyage en litière ; un lit couvert mis sur un brancard porté par des chevaux. Elle fit seulement les 5 ou 6 derniers kilomètres à pied.
Elle assista aux messes et le lendemain, elle se confessa à l’aumônier. C’est après la messe qu’on lui appliqua la relique sur l’œil. Le miracle eu lieu, elle était guérie.
Elle offrit plusieurs bien à l’église et une rente annuelle pour terminer la construction de l’église. Elle sera finalement achevée en 1513 et consacrée la même année par Antoine de Grigneaux évêque de Tréguier




@labreizhlady L’enclos paroissial de St Jean du Doigt. 29. Autrefois le village était appelé Traon Mériadec et la chapelle était dédiée au St Mériadec. L’église construite suite à l’arrivée miraculeuse de la relique de st Jean Baptiste, en 1440. Elle ne sera finalement terminée qu’en 1513 grâce à Anne de Bretagne. L’église prend ensuite le nom de St Jean du Doigt. La foudre touchera la flèche du clocher en 1925. Elle mesurait 17m. En 1955, un incendie ravage l’église, il ne reste que les murs mais la relique est toujours là. #breizh #bretagnetourisme #bretagne #eglise #decouvertesbretonnes #patrimoine #enclosparoissial #toutcommenceenfinistere #finistere #patrimoine






Voici une très chouette vidéo. Je suis tombée dessus pour trouver des compléments d’informations. Elle explique notamment le tout début de l’histoire de Saint-Jean-Baptiste puis l’histoire de son index et de comment il est arrivé en Normandie. Je vous recommande de la voir, cette personne est très captivante dans son récit.
Pour situer
C’est étonnant comme la commune ressemble … à un doigt, non? 😀
Sources : Wikipédia, stjeandudoigt.fr, Infobretagne.fr, terresceltes.net, fontainesdefrance.fr et informations prise sur place avec les panneaux explicatifs.
Argentonnay, Le château
Béhuard
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2 commentaires
Gilbert
Bonsoir. Merci pour m avoir fait connaître l histoire de ce doigt facétieux magnifiquement contè par cette dame.
Bonne soirée et faites encore. De belles découvertes
La Breizh Lady
De rien 😉